Jean Calas, roué vif et innocent

Prix réduit !
15JEANCALAS
New product

13,51 €

14,22 €

-5%

- +

 
En savoir plus

Un prévenu doit être présumé innocent jusqu’à ce que soient produites des preuves de sa culpabilité. C’est le grand principe du Droit et de la Justice. Un honnête homme, qui a vécu une vie sans reproche au sein d’une famille estimée, est soudain accusé du plus horrible des crimes...

Toulouse, 1761. Le protestant Jean Calas, marchand d'étoffes, est accusé d'avoir tué son fils retrouvé pendu dans son arrière-boutique. Victime d'un procès partial et tendancieux empreint du climat d'intolérance religieuse du XVIIIe siècle, il est condamné à mort et est rompu vif sur la roue en 1762. L'intervention active de Voltaire permettra la réhabilitation de Calas en 1765.

242 pages

Extraits :

Introduction
Un marchand d’étoffes toulousain, Jean Calas, de religion protestante, fut accusé du plus monstrueux des crimes : d’avoir étranglé son fils. Il fut torturé, rompu vif, roué et brûlé.

Les siens furent arrêtés avec lui ; on les impliqua dans cette abominable inculpation ; la femme de Calas, son autre fils, la servante et un étranger – qu’ils avaient à dîner ce soir-là furent prévenus d’avoir participé au meurtre, ou, tout au moins, d’en être les complices.

L’enfant aurait été assassiné à l’issue du repas de famille.

La raison ? Ces huguenots l’auraient immolé parce qu’il voulait ou il allait se convertir au catholicisme.
Jean Calas protesta de son innocence jusqu’au bout, jusqu’à l’ultime minute de sa vie. Les siens, comme lui, nièrent avec force et indignation le forfait qu’on leur reprochait.
Le Parlement de Toulouse, qui avait condamné à mort le chef de famille et qui attendait de lui des aveux, ne les ayant pas obtenus, relâcha les autres, faute de preuves.
Quatre ans après, sur l’intervention de Voltaire, les Maîtres des Requêtes près le Conseil du Roi réformaient l’arrêt du Parlement de Toulouse et réhabilitaient les Calas.
On a souvent commenté cette affaire, on a beaucoup écrit sur le procès. Les avis sont partagés. Tout comme à l’époque des Calas, les opinions confessionnelles se sont affrontées.
A Toulouse, on est généralement d’accord que Calas devait être coupable. On a fait confiance à cette vénérable institution, le Parlement, une des gloires de la cité, dont l’intégrité ne saurait être suspectée.

On a loué le zèle et la méthode de David de Beaudrigue, le bouillant capitoul qui mena l’affaire.
On n’a vu, dans l’intervention de Voltaire, qu’une occasion mise à profit par le patriarche de Ferney pour partir en guerre, une fois de plus, contre le « fanatisme » et contre le Parlement.

Or, beaucoup jugent encore de l’affaire Calas d’après la bibliographie toulousaine.
Aujourd’hui, les esprits se sont calmés, on peut, je crois, sans éveiller les susceptibilités des deux confessions, parler et écrire franchement de l’affaire Calas.
Le dossier est là qui s’ouvre librement à ceux qui veulent le consulter avec soin.
On n’y rencontrera pas une preuve de culpabilité, pas une présomption qui résiste à un sérieux examen. On s’y trouvera en présence d’un document pour ainsi dire unilatéral, à un assemblage de pièces de réquisitoire, et, nulle part, n’interviendra la contre-partie, c’est-à-dire un témoignage à décharge.

Les seuls témoins qui purent déposer en faveur des Calas n’apparaissent qu’au moment de la révision de Versailles, soit trois ans après la condamnation et le supplice.
Il nous est permis aujourd’hui de juger plus sainement si nous voulons bien embrasser d’un coup d’oeil d’ensemble toute la procédure et la totalité des éléments qui doivent lui être annexés, si nous faisons effort pour reconstituer l’atmosphère de 1761, si, par la pensée, nous nous reportons au milieu de la société toulousaine du dix-huitième siècle.

C’est ce que nous avons essayé de faire.

 

20 autres produits dans la même catégorie :