PRINTEMPS 1947... ETRANGE HISTOIRE
Deux jeunes bédouins gardent leur troupeau de chèvres dans une région rocailleuse près de la Mer Morte. Une bête s'égare. En la cherchant, ils découvrent une caverne dans laquelle ils trouvent de vieilles jarres de terre contenant d'antiques rouleaux de cuir, gravés d'étranges signes archaïques.
A Bethléhem, ils en retirent quelques pièces de monnaie. Mais les spécialistes reconnaissent là un trésor inestimable. Les études et expertises viendront confirmer qu'il s'agit bien là de la plus extraordinaire découverte archéologique du 20ème siècle : des textes hébreux de la Bible, rédigés entre le 3ème siècle avant Jésus-Christ et le 1er après Jésus-Christ.
Ce sont les plus vieux manuscrits actuellement connus.
D'OU VIENT LA BIBLE ?
Les textes originaux proviennent des ancètres du Peuple hébreu. Moïse, qui écrivit les cinq premiers livres de la Bible a vécu 15 siècles avant Jésus-Christ. De ce fait, la Bible est vraisemblablement le plus vieux livre du monde. Même les peuples d'Asie, malgré la haute antiquité à laquelle ils se réfèrent, n'ont pas d'auteur antérieur à Moïse.
L'histoire de ce livre est également liée à l'histoire de la découverte de l'écriture et de ses supports.
L'ANCIEN TESTAMENT
Il est certain, qu'avant d'être fixés par l'écriture, les premiers récits bibliques ont été transmis oralement. Cette transmission de la connaissance revêtait, à cette époque, une extrême importance. A cause de cela, on s'y employait avec beaucoup de scrupule et de loyauté.
Cependant, la mémoire et la tradition orale ne sont pas fiables à 100%. Surtout pour perpétuer la mémoire d'un livre qui, en fait, est une véritable bibliothèque de 66 livres.
C'est pendant que les Israélites campaient au pied du Mont Sinaï que Moïse reçut les prémices de l'Ecriture. Deux tables de pierre sur lesquelles étaient gravés les dix commandements. Puis, dans le même temps, Moïse reçut aussi la révélation des lois et des ordonnances que devait observer le Peuple d'Israël.
Au niveau des détails de l'élaboration du texte biblique au fil des siècles, nous manquons certainement d'éléments. Cependant l'importance que le Peuple hébreu donnait à ce texte nous autorise à penser qu'il l'a entouré des plus grands soins en veillant à sa conservation.
Ce peuple, dans son histoire, a compté un grand nombre d'érudits, (à commencer par Moïse : "Instruit dans toute la science des Egyptiens"), de scribes tel Esdras et de secrétaires comme Baruc. Le travail de ces hommes était d'une qualité remarquable. Les scribes par exemple, chargés de recopier à la main le texte biblique, travaillaient douze heures par jour. Ils avaient un respect particulier du texte qu'ils maniaient. On rapporte qu'ils avaient une telle crainte de Dieu, qu'ils essuyaient leur plume à chaque fois qu'ils écrivaient son Nom. On exigeait d'eux qu'ils prononcent chaque mot avant de l'écrire. S'il y avait une seule faute sur une page, la page était déchirée. Bien d'autres mesures étaient prises pour garantir la fidélité de la copie par rapport à l'original.
Environ cinq siècles avant Jésus-Christ, l'ensemble du texte de l'Ancien Testament était regroupé. Dans les Evangiles, ces textes sont appelés "l'ECRITURE". Ce terme leur confère une autorité qui n'a jamais été accordée à aucun autre livre ni recueil. De plus, il a la particularité de réunir l'ensemble de ces textes sous un même générique.
Sous le règne du roi Egyptien Ptolémée II (283-246 avant JésusChrist) fut élaborée la traduction, en grec à partir des textes hébreux, dite des Septante. Elle est ainsi appelée parce que 70 savants juifs auraient travaillé à cette traduction, sur ordre du Roi. On y trouve l'ensemble des textes de l'Ancien Testament actuel, preuve supplémentaire que ces textes étaient reconnus depuis longtemps dans son milieu d'origine. Sans parler de la valeur spirituelle de ces écrits, que chacun est libre d'apprécier comme bon lui semble, il est tout de même étonnant d'y trouver des notions scientifiques (bien que la Bible ne soit pas un livre de science) qui échappaient totalement aux contemporains et aux écrivains euxmêmes. On y découvre, par exemple, la loi de la pesanteur. Il est également parlé du globe de la terre, alors que 15 siècles après, les hommes craignaient toujours de s'aventurer trop loin de peur de tomber en atteignant l'extrémité du monde. La Bible décrit l'univers comme si les affirmations faites étaient le résultat de l'observation à l'aide des télescopes modernes.
Il faudrait encore relever ce qui est dit en relation avec les époques géologiques, mais aussi cette connaissance de l'infiniment petit. Des siècles avant l'apparition du premier microscope, on trouve dans la Bible le mot atome !... Il faudrait également parler des découvertes archéologiques qui viennent confirmer le texte biblique. Il faudrait, il faudrait...
Il faut surtout lire la Bible !
LE NOUVEAU TESTAMENT
La deuxième partie de la Bible, parle de la venue du Messie, accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament. Il y a du reste une telle concordance avec ce qui était annoncé, jusque dans les moindres détails que, prétendre qu'il s'agit du hasard, ou dire que sachant ce qui était annoncé certains se sont appliqués à faire coïncider les évènements, relèverait d'une mauvaise foi évidente. Si l'on n'a pas la foi, on n'est pas obligé d'être de mauvaise foi...
S'il a fallu 1500 ans pour que les 39 livres qui composent l'Ancien Testament soit rassemblés en un seul ouvrage, un siècle suffira pour le Nouveau Testament. Les 27 livres ou lettres qu'il englobe ont été écrits sur une période d'environ 50 ans. Au début du 2ème siècle, on appelait déjà les écrits apostoliques "les Ecritures", leur donnant ainsi la même autorité qu'à l'Ancien Testament et les plaçant sur un pied d'égalité.
Certaines discussions avaient lieu au sujet de quelques écrits, ce qui prouve que leur acceptation, en tant qu'écrits inspirés, fut fondée sur des preuves solides. Sur les quatre Evangiles, deux seulement émanent de "témoins oculaires" : Matthieu et Jean. Luc, médecin, compagnon de voyage de Paul, va, comme il le précise lui-même dans la préface de son œuvre, remonter aux sources, faire un travail d'historien. Marc, d'après un témoignage remontant à l'an 130, émanant d'un nommé Papias, fut vraisemblablement compagnon de voyage de Pierre et rédigea ses souvenirs. Jean a été le dernier à rédiger son Evangile, complétant ainsi le témoignage des trois premiers.
Les trois premiers, dans l'ordre où ils sont placés dans le Nouveau Testament, ont beaucoup de points communs. On les appelle synoptiques, c'est-à-dire qu'il est possible de les mettre en parallèle. Chacun cependant apporte des détails supplémentaires par rapport aux autres. Jean, apporte une vue très différente de la vie du Christ.
Les autres écrits du Nouveau Testament sont nés presque en même temps. Lettres des Apôtres s'adressant aux communautés naissantes, lettres de Paul, pharisien zélé converti à la doctrine du Christ. L'Apocalypse, livre prophétique de Jean vient couronner le tout.
C'est au Concile de Carthage, en 397, que fut déclarée la liste définitive des livres qui constituent le contenu officiel du Nouveau Testament.
LA BIBLE PART A LA CONQUETE DU MONDE
Au 4ème siècle, l'Empire Romain étant au sommet de sa gloire, le latin devient la langue officielle. Seuls quelques érudits comprenaient le grec. Pendant plusieurs années, une grande partie du monde d'alors fut privée du texte sacré. En 405, Damase, Evêque de Rome, confia à Jérôme la révision de cette version latine. On l'appela la Vulgate, c'est-à-dire la Populaire.
Pour accomplir ce travail, il s'établit à Bethléhem. Il traduisit d'après les originaux grecs et hébreux et avait accès à des manuscrits très anciens. Il s'assura de la collaboration de savants juifs du collège de Tibériade. Il réalisa ainsi une traduction d'une très grande qualité. Elle devint la Bible de tout l'Occident.
Elle fut recopiée des milliers de fois. Plus de 8000 copies de cette version existent encore de nos jours. Elle devint la version officielle de l'Eglise Catholique et fut le premier livre imprimé par Gutenberg.
LA BIBLE EN FRANCE
Peu de gens savent que le plus ancien monument de la langue française est un dictionnaire biblique. Il date de 768. On l'appelle le dictionnaire de Reichenau. C'est dire la place d'honneur que la Bible tenait dans l'ancienne France.
Au 8ème siècle, l'Empereur Charlemagne fit de la Vulgate le texte officiel de l'Eglise.
Entre le 9ème et le 12ème siècle, différentes versions, complètes ou fragmentaires de la Bible virent le jour. Pierre Valdo en traduisit une partie en provençal. Il y eut des traductions en langue d'Oc, en langue d'Oïl, en Normand.
Certains Rois de France contribuèrent à la diffusion de la Bible. Robert le Pieux, second capétien, disait volontiers : "J'aimerais mieux être privé de la couronne que de la lecture des Livres Sacrés".
Saint Louis était un passionné à cet égard. Il ne se déplaçait jamais sans un exemplaire de la Bible.
A la bataille de Poitiers, les Anglais prirent au roi Jean le Bon, sa grosse Bible de chevet. Elle est conservée au musée Britannique.
On assure, au sujet de Charles V, qu'il lisait sa Bible tous les jours, tête nue et à genoux. Ses successeurs la conservèrent et se la transmirent. Henri IV la fit relier.
Au 16ème siècle, Robert Estienne, imprimeur du Roi, va donner à la Bible, déjà divisée en chapitres par Etienne Langdon, la division en versets.
En 1530, LEFEVRE D'ETAPLES sous la protection de François 1er, va faire une grande traduction de la Bible. Malheureusement interdite en France, elle fut imprimée à Anvers.
LA REVOLUTION DE L'IMPRIMERIE
C'est au 15ème siècle que cette invention révolutionnaire fait son apparition. Nous l'avons dit, la Bible fut, chacun le sait, le premier livre imprimé. Il le fut par Gutenberg en 1456.
A Paris, l'imprimerie fait son apparition en 1470, à Lyon, en 1473.
Les libraires et imprimeurs Lyonnais devinrent rapidement célèbres. Ainsi, Lyon dès le début du 16ème siècle devint le siège du commerce international du livre, un grand centre de culture, un lieu où se rencontraient des hommes et des idées.
Il y avait à Lyon en 1520, 80 imprimeurs, sans compter les fondeurs de caractères, les graveurs, les marchands de papier, les fabricants d'encre, les libraires et les apprentis ou compagnons typographes.
En 1550, l'imprimerie employait à Lyon 5 à 600 personnes. On estime qu'au 16ème siècle, 13000 éditions sont sorties des presses lyonnaises. Les tirages moyens étaient de 1000 exemplaires.
Parmi toutes ces éditions, les textes bibliques avaient une grande place.
Sébastien Gryphe dirigea, entre 1530 et 1556, le plus important atelier de Lyon. Il publia de nombreux Nouveaux Testaments et des Bibles, dont la plus connue est la Bible latine publiée en 1550.
Un des plus extraordinaires imprimeurs de l'époque qui marqua l'histoire de Lyon s'appelait Etienne Dolet. Après de brillantes études à Paris, puis en Italie, puis à Toulouse, il arrive à Lyon le 1er août 1534. Il travaille d'abord comme correcteur chez Sébastien Gryphe où il apprend les métiers du livre. Puis il se met à son compte créant la "Compagnie d'Imprimerie". Dans la seule année 1542, il édite plus de 40 ouvrages dont le Nouveau Testament en français, les Psaumes de David, ainsi que d'autres ouvrages bibliques.
Jean De Tournes était l'ami d'Etienne Dolet. Lui aussi avait travaillé chez Sébastien Gryphe. En 1540, il s'établit à son compte. En 1559, il reçut le titre d'Imprimeur du Roi. En 1564, lorsqu'il meurt de la peste, il avait déjà réalisé 500 éditions, dont de nombreuses à caractère évangélique.
Pierre de Vingle, un autre imprimeur lyonnais, s'était lancé dans les impressions clandestines d'écrits religieux. La persécution faisait rage. De nombreux éditeurs lyonnais avaient déjà payé de leur vie le fait d'avoir imprimé la Bible. Pierre de Vingle fut obligé de quitter Lyon pour avoir publié le Nouveau Testament en français. Dès 1520, l'inquisition fera ses ravages dans les rangs des imprimeurs lyonnais. Nombreux sont ceux qui s'expatrièrent pour sauver leur vie. Il partirent en Suisse ou en Allemagne. D'autres n'eurent pas le temps de partir. Ils furent brûlés avec les livres qu'ils avaient édités.
Cette intolérance allait priver la France de grands artisans aussi bien que de grands intellectuels, les imprimeurs lyonnais étant pour la plupart d'entre eux l'un et l'autre.
Depuis, à notre connaissance, la Bible n'a plus été imprimée à Lyon jusqu'en 1991. Nous en reparlerons plus loin.
UN SURVOL DES QUATRE DERNIERS SIECLES
Au 17ème siècle, entr'autres traductions, celle de Jacques Corbin (vraisemblablement, la Bible en huit volumes que Napoléon avait dans ses bagages était une traduction de Corbin), et la très célèbre traduction de Lemaistre de Sacy.
Au 18ème siècle, peu ou pas de traduction, sinon quelques révisions partant du texte d'Olivetan. Parmi ces révisions, celle d'Osterwald (1744) était une œuvre remarquable.
Au 19ème siècle, avec la naissance des Sociétés Bibliques, les traductions affluent. Parmi les plus célèbres, citons la Bible Darby qui est très littérale et la version Louis Segond (Pasteur Genevois) qui fut la première version protestante à être autorisée canoniquement par l'Eglise Catholique.
LA BIBLE EN FRANCE AU 20ème SIECLE
C'est en 1904 qu'a été publiée la première Bible traduite par les catholiques sur les textes originaux. Jusque-là, ils repartaient des textes en latin qui étaient déjà une traduction. C'est la célèbre Bible de l'Abbé Crampon qui est accompagnée de notes intéressantes et exemptes de polémique.
Elle fut suivie par deux autres traductions non moins célèbres : Celle des Moines de Maredsous et celle de la Bible de Jérusalem, très belle traduction réalisée dans le cadre de l'Ecole Biblique de Jérusalem.
En 1910, Louis Segond offrait une version révisée de sa traduction de 1880. A nouveau révisée dans les années 70, c'est actuellement, et malgré des traductions beaucoup plus récentes, un texte qui a encore un grand succès auprès des lecteurs de la Bible.
Récemment, plusieurs traductions ont été proposées, dont la TOB (Comprenez Traduction Oecuménique de la Bible) et quelques autres encore.
LA BIBLE ET LES FRANCAIS
La France est un des pays au monde où ce livre est le moins répandu. Très peu de Français la possèdent et une infime minorité la lisent assidûment. La Bible est la base du christianisme, pourtant beaucoup se déclarent "chrétien" sans jamais l'avoir lue !
C'est pourtant un livre extraordinaire. C'est LE LIVRE ! le seul que l'on peut lire des dizaines de fois sans jamais le connaître, parce que le lecteur découvre toujours quelque chose de nouveau. C'est le livre du passé, celui qui nous rappelle nos racines, nos origines. C'est le livre du présent, celui qui procure à l'homme les ressources intérieures indispensables, celui qui nous permet de lever les yeux en haut. C'est aussi le livre de l'avenir, de l'éternité même.
Cela fait environ 3500 ans que les premiers textes qui forment ce volume ont été écrits. Comment se fait-il qu'ils soient encore là ? Intacts ? N'est-ce pas pour que nous en usions ?
Quand on demande : "Si vous partiez sur une île déserte, quel livre emporteriezvous ? Beaucoup de gens répondent : "La Bible". Faut-il partir sur une île déserte pour commencer à penser à ce livre ? pour l'ouvrir ? pour le lire ?...
Et si ce livre vous attendait aujourd'hui ?
La Bible que nous vous proposons sur ce site a pour contenu la traduction Louis Segond révisé en 1979 par la Société Biblique de Genève, quelle que soit sa présentation.
Elle ne comporte aucun commentaire, aucune annotation. Notre intention n'est pas de vous expliquer la Bible, mais de vous permettre de la lire pour savoir ce qu'elle dit réellement.
Et si ce qu'elle disait c'était pour vous ?...
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